mercredi 23 mai 2012

Sac au dos !!!!

Le sac à dos porté par le soldat français porte officiellement le nom de havresac. Officieusement, il porte le surnom d'As de Carreau, mais aussi d'armoire à glace ou d'Azor, car comme un chien fidèle, il ne quitte pas son maître. Selon "la Gazette des Uniformes - HS n° 24, l'équipement du Poilu", on l'appelle As de Carreau parce qu'il comporte un cadre en bois carré à l'intérieur du sac, afin de le rigidifier et qu'il puisse avoir une bonne tenue, sans soucis du confort ni de la répartition de la charge à l'intérieur.

Comme dans une armoire à glace, le soldat français va ranger dans son havresac tout l'équipement individuel dont il a besoin : 

- chemise de rechange
- caleçon (pas de rechange prévu)
- mouchoir de rechange
- bonnet de police pour le repos
- bonnet de nuit
- serviette
- savon
- trousse de couture
- boîte à graisse pour l'entretien du matériel
- petits piquets de tente
- chaussettes de rechange
- nécessaire d'entretien de l'arme (pas pour chaque soldat)
- une brosse (chaussures, habits, ...)
- la veste ou vareuse, quand elle n'est pas portée sous la capote. 
- le livret militaire individuel, inséré dans une poche qui est dans la paroi qui s'ouvre
Officiellement, dans le sac, se trouvent aussi  des vivres de réserve, mais le plus souvent, elles sont emportées dans les musettes.

(source : Les dossiers de Militaria Magazine n°8)

Le soldat emporte son sac à dos en campagne, lors des marches, lors des manoeuvres .... 

Fantassins du 11ème RI de Montauban, avant-guerre

Sur le havresac, le soldat porte réglementairement :

- une paire de brodequins de rechange accrochés de chaque côté du sac
- la gamelle individuelle portée sur le dessus du sac
- la demi-tente, donc un seul côté de la tente, prévue pour deux soldats
- des piquets de tente et des cordes pour la fixer (en plus des sardines évoquées plus haut)
- la couverture individuelle (ou couvre-pieds)
- un ustensile de campement collectif (voir article matériel de campement )
- un outil individuel (pioche, pelle-bêche, pelle-pioche, serpe, scie articulée, petite ou grande cisaille) dans son étui en cuir.

Georges Laval et Jean Guerre, 19 et 17 ans, à l'instruction
Ces deux caporaux marnais, de Venteuil sont à l'instruction au sein du 85ème R.I. de Cosne sur Loire (58). On peut voir sur leur As de carreau :

- la couverture individuelle roulée autour de la demi-tente, portée en "fer à cheval" sur le dessus du sac
- une musette comportant probablement les brodequins de rechange
- la gamelle individuelle
Le soldat de droite porte comme outil individuel, la pioche portative, qui fera place, théoriquement, à la pelle-pioche en cours de guerre.

Groupe de téléphonistes en Alsace, juin 1917
Ce groupe nous présente son attirail porté sur leur havresac :

- la pelle-bêche modèle 1879, avec son étui de cuir, sur le sac de droite. 
- la couverture roulée sur la toile de tente et posée en fer à cheval sur le sac de droite
- la marmite "bouthéon" qui est accrochée à l'aide de la grande sangle en cuir, sur le sac du milieu
- la couverture enroulée et accrochée d'une autre manière qu'en fer à cheval, comme sur le sac de gauche
- les brodequins de rechange portés sur les côtés du sac
- un nécessaire individuel de campement, prévu pour remplacer les ustensiles collectifs, est accroché derrière le sac à gauche. Bien qu'il ne soit pas forcément "populaire" avant guerre, ce nécessaire se rencontre souvent dans les cantonnements au cours du conflit. (source : La Gazette des Uniformes, HS n° 24)

Il fallait parfois être astucieux pour faire tenir tout ce dont on avait besoin, au fur et à mesure que l'on avançait dans la guerre des tranchées et des changements réguliers de positions, de campements, ....

Chasseurs du 9ème BCP de Longwy
 Ces chasseurs photographiés avant-guerre dans la neige, nous présentent leurs havresacs qui sont avant guerre en toile de couleur noire, avec des sangles en cuir noir. Ils resteront de cette couleur jusqu'en 1915, puis apparaîtront les sacs du même modèle mais avec une couleur tirant sur le "brun/vert". Sur les As de carreau, les chasseurs portent des bouthéons mais aussi des grandes gamelles et des seaux en toile, ustensiles collectifs pour le campement, en plus de leur gamelle individuelle. Sur les côtés, ils portent les pelle-bêches.

Envoi d'un sous-officier, Parc de Bétail, Etat-Major du XVème C.A.
Voici encore une autre façon de monter son As de carreau en cours de guerre, avec les brodequins accrochés à l'aide de ficelles, au dos du sac. Les gamelles individuelles sont parfois accrochées sur les bouthéons (sur le sac tout à droite). Au milieu, avec les bras croisés, un capitaine de l'administration pose au milieu des hommes appartenant probablement au génie.

Alpins
Voici encore une autre façon de présenter et d'aménager son havresac, probablement avant-guerre. Outre l'Alpenstock caractéristique aux troupes de montagne, la gamelle individuelle et le bouthéon de droite, on peut voir que la couverture a été pliée et posée sous la toile de tente pliée également et posée en fer à cheval. La capeline des Alpins est quant à elle pliée et posée sous la couverture.

Sur le sac de droite, il est accroché une musette renfermant une lampe pliante et deux bougies, qui fait partie du matériel de campement collectif. Ce modèle a deux pattes d'attache (plus rare). Il existe des modèles à une seule patte selon le fabricant. (Source Michel Japin)

Territorial du 223ème RIT

Territorial du 315ème RIT
Ces deux "péperes" ou "terribles taureaux" sont équipés de l'ancien piquet de tente (SUPPORT BRISE) que les soldats Français avaient en 1870. Ce piquet se rencontre surtout dans les régiments de territoriaux mais on en retrouve aussi chez les troupes d'active, selon les besoins et moyens disponibles à l'époque. Sur un des 2 bouts, une extrémité est coupée en biais, l' autre usinée (petit diamètre) afin de venir se loger dans les trous de la tente. Le second bout du piquet comporte un tube d' acier fin servant à rendre les 2 solidaires et est coupé droit. (Source Michel Japin)

Fantassin du 92ème RI en 1918
 Ce soldat va partir à la guerre, nous sommes fin août 1918, est-il revenu ? Impossible de le dire, le texte au dos de la carte ne nous donne pas de nom. Mais on peut quand même noter la taille impressionnante du havresac porté par ce jeune soldat, sur ses frêles épaules. 

Si vous avez des précisions à apporter, des commentaires à ajouter, des critiques à émettre, n'hésitez pas à laisser un commentaire. 

Daneck, le 23 mai 2012